Le maire juge sa visite au Pays-Bas « constructive »

Publié le par robert

LACANAU. Après un déplacement à Veere, dans la province de Zélande, pour parler de l'érosion, Jean-Michel David évoque une éventuelle collaboration avec les Hollandais
Au Pays-Bas, Jean-Michel David, le maire de Lacanau, a été reçu par son homologue de Veere Rob Van der Zwaag. (PHOTO V. B.)
Au Pays-Bas, Jean-Michel David, le maire de Lacanau, a été reçu par son homologue de Veere Rob Van der Zwaag. (PHOTO V. B.)

Jean-Michel David, le maire de Lacanau, revient d'un déplacement aux Pays-Bas. Sur la commune de Veere, sur l'île de Walcheren dans la province de Zélande, l'édile est allé récolter de « l'information » sur la façon dont les Hollandais traitent la problématique de l'érosion des plages. À Lacanau, le phénomène s'est fortement accentué ces dernières années. La collectivité a même fait inscrire sur un document d'aménagement (Scot) « un éventuel repli de l'urbanisation ».

Jean-Michel David. Absolument. Nous avons rencontré le maire, Rob Van der Zwaag, et ses services. Mais aussi les responsables des organismes qui sont chargés de l'étude et de la protection des côtes, ainsi que de l'érosion marine au niveau de la province de Zélande (Zeeland). Nous avons vu comment ces études ont été menées par la commune et par l'État. Dans ce pays, il faut comprendre que le maire n'est pas élu. Il est nommé par la reine. Il représente donc l'état. Le problème de l'érosion et de la protection des côtes, avec le plan Delta, représente le défi premier du territoire. Ce sont des crédits d'État qui sont mobilisés pour ce combat. Nous avons eu la chance de pouvoir prendre connaissance des études déjà réalisées, puis des projets qui sont en cours. Un lien s'est aussi créé avec Veere. L'accueil a été très chaleureux. Nous avons laissé au maire et à ses services des dossiers techniques, de manière à ce qu'ils puissent, eux aussi, se rendre compte de la situation de notre côte canaulaise. Ils nous ont indiqué qu'une éventuelle collaboration pourrait s'engager entre nos deux communes. Tout cela est donc extrêmement positif.

Quels éléments ont retenu votre attention au niveau de la lutte contre l'érosion, et en particulier au niveau des épis et des apports en sable ?

J'ai surtout retenu que de nombreuses études sont programmées avant de lancer les travaux. C'est vrai pour l'apport de sable, les épis et les digues. Ces études portent non seulement sur la plage émergée, avec sa pente et ses problèmes d'érosion éolienne, mais aussi sur la plage immergée et les fonds marins, ce qui, à ma connaissance, n'a pas encore été fait chez nous.

Ces études très précises permettent des analyses fines, et donc de mieux connaître le profil de la plage immergée sur une distance de 100 ou de 200 mètres.

Quand les Hollandais apportent du sable, ce sont des apports très volumineux. Ils le font sur les deux parties de la plage, la partie émergée et la partie immergée. Pour eux, compte tenu des courants et des marées, la mise en place d'épis et d'apports en sable doit se faire de façon combinée. Et comme l'engraissement de la plage doit être renouvelé constamment, il doit aussi être budgétisé tous les ans.

Que pensez-vous du projet des « Maillons faibles » (NDLR : lire article ci-dessous), et serait-il éventuellement envisageable sur notre côte ?

Au niveau des « Maillons faibles », c'est très exactement la zone où nous étions. Et les Hollandais y ont consacré des sommes astronomiques, toujours mises à disposition par l'État. Après la marée catastrophique de 1953, ils ont pris conscience que réaliser des travaux était pour eux une question de survie. Ils ont alors relié des bras de mer avec des digues, sur lesquels ils ont fait des routes, et des dunes artificielles. Et puis, sur les maillons faibles, situés du côté de la mer du Nord, ils ont une politique d'engraissement des plages.

Quels autres sujets ont été abordés pendant cette visite ?

Nous avons parlé du dossier de la sécurité des plages. Sur ce plan, la situation en Hollande est très éloignée de celle de la France. Il est donc difficile de comparer les deux dispositifs. Le maire de Veere dégage sa responsabilité. C'est une association qui prend le relais. Elle est chargée de recruter des sauveteurs nautiques, d'assurer la sécurité sur les plages, de faire de la formation et de mettre à disposition des équipements. Le problème n'est absolument pas vécu et traiter de la même manière. C'est l'association qui prend toutes les responsabilités, pas le maire de la commune.

Auteur : « Sud Ouest ». Est-ce que votre visite aux Pays-Bas a répondu à vos attentes ?
Propos recueillis par Véronique Bosche
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Publié dans L'océan

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