Durrable veut relancer le grand contournement
La semaine dernière, l'association Durrable (Défense des usagers du réseau routier de l'agglomération bordelaise et des localités environnantes) a envoyé un courrier aux 542 maires de Gironde. Cosigné par Marie-Antoinette Paris et Alain Montangon, il attire leur attention sur l'urgence de la construction d'une nouvelle infrastructure routière autour de Bordeaux.
« Les conditions réunies »
Son absence « se traduit quotidiennement par des ralentissements importants, voire, au moindre incident, par une paralysie totale du trafic avec toutes les nuisances que cela entraîne : stress, surcroît de pollution et mise en difficulté de l'économie locale. Une infrastructure, qui, quoi qu'en disent ses détracteurs, entre parfaitement dans le cadre posé par le Grenelle de l'Environnement, qui précise que "l'État veillera à ce que l'augmentation des capacités routières soit limitée aux écoulements des points de congestion, des problèmes de sécurité et des besoins d'intérêt collectif". La Gironde réunit toutes ces conditions », souligne Marie-Antoinette Paris, présidente de Durrable.
Forte du soutien affiché des chambres de commerce et d'industries de Bordeaux et de Libourne, de la Chambre des métiers et de l'artisanat de la Gironde, Durrable interpelle donc les élus, mais aussi les chefs d'entreprises, leurs salariés et tous les usagers.
« Cet arc autoroutier autour de Bordeaux permettrait un développement harmonieux au niveau économique et démographique, assurerait le maintien des services publics en zone rurale, la pérennité des sous-préfectures de Blaye et de Lesparre, et diminuerait fortement la production de CO2 sur l'agglomération. Il permettrait aussi d'assurer le désenclavement du Blayais et du Médoc, d'irriguer les zones touristiques de la façade Atlantique, et de desservir de façon fiable les facultés, l'aéroport de Mérignac, et le CHU de Bordeaux. »
Prendre ses responsabilités
« Bien entendu, précise Marie-Antoinette Paris, nous n'opposons en aucun cas la route au rail ou à la mer. Mais ces moyens de transport sont tout simplement complémentaires et alternatifs. Nous soutenons le merroutage et le ferroutage, mais nous savons qu'ils ne pourront soulager au maximum que 15 % du trafic de transit, alors que celui-ci doit augmenter de 30 % d'ici 20 ans »
Et Durrable de proposer les grandes lignes du tracé : l'arc partirait de Bédenac près de l'A 10, pour se déployer à l'Ouest vers le Blayais et le Médoc, et à l'Est vers Coutras, le Libournais, jusqu'à relier l'A 89, l'A 62, l'A 63 et la future A 65.
Et d'appeler chacun à prendre ses responsabilités : « Durrable espère que les élus cesseront de manier le politiquement correct qui consiste à éluder les projets dérangeants, et qu'ils auront assez d'envergure pour privilégier l'intérêt collectif. »
Il semble que certains "usagers" relancent le débat du grand contournement. Aprés le départ d'Idrac le prefet de l'Aquitaine, il semblait que ce débat était retombé. Le feu couve toujours sous la cendre.