« Vers une surveillance locale de la plage »
« Sud Ouest ».
Actuellement la surveillance du littoral n'est pas assurée partout. Que pensez-vous de la situation ?
Philippe Doïmo. Quand on voit le nombre d'accidents qu'il y a eu le week-end dernier, c'est pathétique. Le problème, c'est que personne ne s'est préparé à l'après-CRS. Pourtant la Fédération française de sauvetage et de secourisme peut apporter toutes les réponses nécessaires. La solution, c'est tous nos clubs. Nous formons les sauveteurs dès le plus jeune âge, à partir de 6 ans. À 18 ans, ils sont super à l'aise pour surveiller leur plage. Ils la connaissent par coeur, les baïnes etc. C'est idiot d'appeler des gens de Paris ou d'ailleurs qui n'ont pas cette culture de la mer.
Pour vous, l'idéal c'est que les plages soient surveillées par les « locaux »...
Oui. C'est le modèle australien. Les clubs de sauvetage locaux sont aidés par les mairies. En contrepartie les « beach-patrols » doivent un certain nombre d'heures de surveillance des côtes.
En France, les communes commencent tout juste à savoir qu'on existe. Il faut qu'elles nous aident à nous développer, à créer de nouveaux clubs. Et contrairement à l'Australie qui a une culture du sauvetage vieille de 100 ans, qui donne une « beach éducation » à l'école primaire, la France a encore beaucoup de chemin à faire. Mais je suis optimiste.
La Fédération peut-elle apporter une réponse homogène à la surveillance ?
Je pense qu'il faudra travailler en collaboration avec la SNSM. Et dans une dizaine d'années ça pourrait fonctionner correctement.