VLF sur tous les fronts

Publié le par robert

L'association de défense de l'environnement Vive la Forêt s'est réunie dimanche. La ténacité de sa présidente n'épargne aucun dossier.

 Lors de l'assemblée générale de Vive la Forêt, la question des protections « anti-érosion » érigées par les campings de Soulac a été abordée. L'absence d'autorisation pose problème. pH. J. L.

Lors de l'assemblée générale de Vive la Forêt, la question des protections « anti-érosion » érigées par les campings de Soulac a été abordée. L'absence d'autorisation pose problème. pH. J. L.

Par Vincent Barros (sud-ouest , édition du Médoc)
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Vive la Forêt, association « apolitique et libre car non-subventionnée », milite, vibrionne, pèse de tout son poids pour la défense du massif forestier et du littoral girondin, son combat depuis sa création en 1989, après les incendies du Porge. Dimanche matin à Lacanau, chapeauté par sa présidente Dominique Gisson, un bilan annuel de son militantisme était présenté à une cinquantaine d'adhérents. Avant le traditionnel débat attendu avec quelques élus invités. Parmi eux, Pascale Got (députée du Médoc), Olivier Delcayrou (sous-préfet), Yves Lecaudey (conseiller général), Henri Sabarot (maire de Carcans) et Jesus Veiga (maire du Porge). Les maires de Lacanau (Jean-Michel David), d'Hourtin (Christophe Birot) et de Naujac (Jean-Bernard Dufourd) étaient absents. Après avoir tenté en vain de poser une question, le maire de Saint-Laurent, Jean-Marie Feron, ni adhérent de VLF ni invité au débat, a décidé quant à lui de quitter la séance avant son terme.

Le photovoltaïque inquiète

Après une remarque de Dominique Gisson sur les projets photovoltaïques qui, « selon une étude de la Draf Aquitaine (Direction Régionale de l'Agriculture et de la Forêt), conduiraient au déboisement 10 000 hectares de forêt », ce qui « inquiète Vive la Forêt », les premiers échanges ont vite embrayé.

Olivier Delcayrou, questionné sur le photovoltaïque, rappelait les engagements de l'Europe et de la France en matière de développement des énergies renouvelables. Sur le volet de l'encadrement et l'organisation des projets, le sous-préfet a précisé l'existence d'une « charte régionale » permettant d'accompagner les propriétaires fonciers (privés et collectivités). Le sous-préfet a aussi fait le point sur le « volume » des projets en cours. « Nous avons 300 000 hectares de forêts en Gironde. Il y a aujourd'hui 1 200 hectares de projets. Le préfet est extrêmement attentif. À part à Cestas, rien n'a été signé aujourd'hui » a-t-il insisté. Lors de son intervention, le sous-préfet a assuré que le potentiel forestier ne serait pas amoindri, et que les espaces consentis au photovoltaïque seraient compensés.

Enrochement illégal

Le dossier de l'érosion n'a pas été absent de l'assemblée générale de VLF, qui défend le respect et l'application de la loi Littoral. En faisant référence à « l'éventuel permis d'aménager pour une extension du camping Les Pieds dans l'eau », la présidente s'est interrogée : « Mais pourquoi l'État a-t-il laissé un particulier implanté illégalement sur le domaine public maritime un enrochement en dur, sans autorisation ni étude ? ».

Un peu plus tard, dans le débat, la question, à l'attention du sous-préfet, allait être reprise par Hervé Peltier, un habitant de Soulac, signalant que deux campings avaient édifié leur propre mur. La réponse d'Olivier Delcayrou : « Pour l'État, une procédure est en cours ».

 

Le mobil-home qui prolifère

De l'érosion au statut du mobil-home dans les campings, qui inquiète aussi VLF, le débat n'a pas manqué de se poursuivre sur un équipement touristique qui a le vent en poupe. La députée du Médoc a indiqué avoir participé à al rédaction d'un rapport national sur le sujet. Il préconise « d'encadrer le quota des mobil-homes en fonction de la superficie des terrains » et « surveiller également l'extension des dits campings en 2e ligne ».

Selon la députée, alors que « les maires n'ont pas de droit de regard sur les campings », le rapport plaide pour le développement du droit des élus sur le contrôle des installations.

La députée a aussi relayé « le flou juridique » liant les codes de l'environnement, du tourisme et de l'urbanisme.

Le téléski fait des vagues

Toujours sur le volet tourisme, mais sportif cette fois, Henri Sabarot, le maire de Carcans, n'aura pas échappé à une question sur le projet de téléski nautique de Maubuisson. Porté par l'UCPA, il pourrait s'épanouir sur le lac au niveau de la base de Bombannes. « A-t-il sa place sur un lac classé » a interrogé une adhérente de VLF.

L'édile d'expliquer : « En contrepartie, les bateaux thermiques seront supprimés du lac, l'impact environnemental sera donc moindre ». Henri Sabot a aussi rappelé que l'UCPA était le plus gros employeur de la commune, puisque les pylônes du téléski devraient se dissimuler dans le paysage, et que la baie de Malignac retrouverait son calme. Et de conclure, avec une pointe d'ironie et les rires de l'assistance : « Entre un pylône de 10 mètres et un mât éolien de plus de 100 mètres de hauteur, lequel préférez-vous ? »

La question du CFM aussi

« Si on a eu de la concertation avec Jean-Jacques Clavet, l'ancien maire, on n'en n'a plus jamais eu ensuite ! ». Dominique Gisson, la présidente de VLF, n'a pas hésité à tacler Christophe Birot, le maire d'Hourtin sur le dossier de reconversion de l'ex-centre de formation de marine.

Étant opposée au projet d'aménagement du port et non à la partie terrestre, l'association a déposé un recours devant le tribunal administratif. Toujours selon VLF, « après avoir vendu les villas des officiers », le promoteur aurait « cédé le reste à une société d'investissement néerlandaise ».

Publié dans Vive La Forêt

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