Justine Dupont, étoile montante canaulaise

Publié le par robert

JUNIOR. La surfeuse âgée de 17 ans comptera parmi les favorites de l'épreuve féminine qui débute
Justine Dupont. (Photo y. S-S.)
Justine Dupont. (Photo y. S-S.)

On commence à se l'arracher. Sur le bout de plage devant le Surf club de Lacanau où la donzelle a ses entrées, on parle de faire une photo. Jean-François Deloume, un entraîneur du club déboule et tend un sticker à coller absolument sur la planche. Il ajoute carrément : « C'est la surfeuse la plus douée de sa génération ». Derrière sa longue chevelure blonde, Justine Dupont rougit un peu et tempère : « De Lacanau, peut-être... »

Mais à la vue du palmarès de la Canaulaise âgée de 17 ans, l'entraîneur pourrait bien ne pas avoir complètement tort. Avec une particularité, la surfeuse excelle à la fois en long board et en short board.

« Le long board me permet de beaucoup travailler mes appuis », explique Justine. Jugez plutôt : vice-championne du monde en long board en 2007 et championne d'Europe 2008 en short board. De quoi alimenter de sérieux espoirs pour la compétition junior pro qui débute demain pour les femmes.

D'autant que sur ce circuit, au début du mois d'août, Justine vient de remporter la dernière épreuve, à Sopelana, en Espagne. « À Lacanau, je connais bien le spot, c'est une force par rapport aux Réunionnaises qui sont habituées aux vagues de corail. Mais je joue à domicile, c'est aussi beaucoup de pression. »

Confiance en elle

Et aux dires de Gilles Daquet, son coach au sein du team Rip Curl, qu'elle a intégrée il y a trois ans, la gestion du stress reste encore le point faible de la jeune surfeuse. « C'est quelqu'un d'hyper motivé. Elle a commencé loin des vagues d'Hossegor où tout se passe en France pour le surf. Cet isolement lui a donné une gniak supplémentaire. Mais il faut qu'elle prenne encore confiance en elle. »

La jeune fille l'avoue, en jouant timidement avec ses lunettes de soleil : « Lors de la finale des championnats du monde, j'étais complètement paniquée à cause des photographes ! » Désormais, elle s'initie au yoga. « Elle progresse rapidement », constate Gilles Daquet.

Nul doute que les récents stages en Australie ou à Hawaï auront contribué à deshiniber la sportive : « À Hawaï, j'ai rencontré Kelly Slater. C'est un grand surfeur, mais c'est aussi quelqu'un comme tout le monde ! »

Très physique, cette ancienne championne d'athlétisme, qui vient d'obtenir son bac, vise désormais le circuit pro dès l'année prochaine. Le vrai. « Jusqu'à maintenant, je ne suis pas salariée par mes sponsors ». Grappiller des points lors du Junior pro de Lacanau devrait lui permettre de gravir un échelon supplémentaire. Son entraîneur ajoute : « Elle a encore un énorme potentiel, et il y a des figures qu'elle est la seule fille à travailler, même chez les pros. »

Avant de partir, Justine se redresse et corrige : « Je n'ai pas de salaire, mais ça ne veut pas dire que je n'ai pas de sponsor. Il ne faut pas écrire ça, hein ! » Déjà pro, en somme.

Auteur : Yann Saint-Sernin

Publié dans La gliss - le surf

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