Une nouvelle menace

Publié le par robert

À l'occasion d'une réunion sur la reconstitution de la forêt suite à la tempête de 1999, l'ONF attire l'attention sur un champignon néfaste pour les arbres


Après le massif landais, le fomès touche à présent la forêt médocaine photo P. V.
Après le massif landais, le fomès touche à présent la forêt médocaine photo P. V.

Le 2 octobre dernier, les maires ou représentants des communes forestières et les responsables de l'Office national des forêts (ONF), étaient accueillis à la mairie de Carcans par Henri Sabarot, maire de la ville. L'objectif de cette rencontre était de faire le point sur l'état d'avancement de la reconstitution du massif forestier suite à la tempête de 1999 (plan Chablis et de gestion durable), et aborder différents thèmes techniques. Diverses personnalités, dont Yves Lecaudey, vice-président de Conseil général et Pascal Dubois, directeur régional de l'ONF, assistaient à cette réunion.

Reconstitution.

Il n'est pas superflu de rappeler que la tempête avait touché très durement la forêt girondine (entre 109 500 et 133 000 ha sinistrés à plus de 40 %) et en particulier le triangle du massif de pin maritime des Landes de Gascogne, zone de production créatrice de richesses.

Depuis ce cataclysme, le principal axe de la politique forestière de la Direction départementale de l'agriculture et de la forêt de la Gironde, a été la reconstitution du potentiel de production de la forêt landaise sinistrée.

Partenaire de cette opération, l'ONF a accompagné et mis en place son savoir-faire au service des collectivités et propriétaires forestiers. Selon Michel Alvère, responsable du reboisement à l'ONF, il ne reste plus aujourd'hui que 1 800 ha à nettoyer sur les 100 000 ha ciblés initialement. Fin 2008, le programme sera donc achevé. Pour ce qui est du reboisement, 7 434 ha de massif forestier ont été reconstitués, 1 400 ha restant à reboiser.

Près de 18 millions d'euros auront été nécessaires à la tâche, cofinancée par l'État et l'Union Européenne.

Champignon.

Alors que la forêt reprend son vrai visage, un autre danger la menace. Mais celui-là vient d'un parasite appelé « fomès » (hétérobasidion annosum). Selon l'ONF, ce champignon racinaire provoque des dommages importants chez tous les résineux. Sur les pins, il entraîne dans un premier temps des mortalités disséminées, puis en tâches (il serait un des responsables de la maladie du rond). La contamination des peuplements s'effectue à la suite de la dissémination de spores, issues des fructifications du champignon présent dans le milieu et localisé au collet des souches ou des arbres déjà contaminés. Ces spores se déposent et germent à la surface de souches fraîches, envahies par le mycélium du parasite qui constitue ainsi l'inoculum primaire. Cet inoculum se propage ensuite aux arbres voisins par contacts racinaires, pouvant entraîner leur mort.

Contamination.

Le fomès jusqu'alors en nette progression sur le massif landais n'épargne plus la Gironde. Cette maladie est prise très au sérieux par les responsables de L'ONF. À ce jour, seul un traitement préventif lors de l'exploitation permet de limiter la propagation. Dans les massifs contaminés, il semblerait que la coupe rase soit la seule solution envisageable et que le dessouchage reste le seul moyen curatif vraiment efficace.

Auteur : Pierre Vallade
Sud Ouest du 6 oct

Publié dans le patrimoine

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