Polyclinique de Lesparre : les urgentistes sous pression

Publié le par robert

SANTÉ. Le service des urgences de la polyclinique de Lesparre, propriété du Pavillon de la mutualité, est en sous-effectif depuis le mois d'octobre. Le Conseil de l'ordre a été saisi


Pour les communes du Nord-Médoc, le service des urgences de la polyclinique de Lesparre est devenu indispensable. (photo J. l.)
Pour les communes du Nord-Médoc, le service des urgences de la polyclinique de Lesparre est devenu indispensable. (photo J. l.)

Un courrier a été adressé à Pierre Boisseau, le président du Conseil départemental de l'ordre des médecins de la Gironde. Pascale Got, la députée PS du Médoc, a été sollicitée avant les vacances de Noël. La Ddass aurait aussi été alertée. Ce sont les conditions de travail des médecins urgentistes qui interviennent à la polyclinique de Lesparre, un établissement appartenant au Pavillon de la mutualité, qui posent problèmes.

Au mois d'octobre 2008, trois médecins étrangers qui travail-laient aux urgences ont été remerciés. La législation ne leur accordant pas de véritable statut, la direction de la polyclinique a été contrainte de s'en séparer.

Mais après ces départs, l'effectif des médecins urgentistes est passé de 7,5 à 5,5 équivalents temps plein. Et il n'y a pas eu de recrutements pour rééquilibrer la situation. Ce qui oblige les médecins de cette unité à multiplier les gardes, tout en assurant aussi l'activité Smur sur un secteur relativement isolé. Selon un cadre proche du service, c'est un effectif de dix urgentistes dont aurait besoin la polyclinique pour fonctionner dans la légalité.

Le témoignage d'un personnel médical de la polyclinique de Lesparre précise que les médecins du service ont été « assignés et réquisitionnés » par la direction pour assurer les plannings. Dans le cadre de l'annualisation du temps de travail, ils seraient obligés d'accepter les horaires imposés.

Ainsi, en un mois, un praticien aurait cumulé 240 heures de travail contre les 151 heures légales. S'il n'y a pas eu d'incident avec les patients, la situation rend la prise en charge des malades de plus en plus délicate. Le même témoignage rend compte qu'il peut arriver que l'urgentiste devant partir en intervention Smur, laisse alors son collègue seul aux urgences. Le week-end, cela veut aussi dire qu'il doit superviser les autres lits dans les services de spécialistes. Au final, la situation de sous-effectif a incité les médecins à passer l'alerte, et à demander une médiation du Conseil de l'ordre et des politiques.

Une médiation en cours

Joint par téléphone, le docteur Pierre Boisseau, président du Conseil de l'ordre des médecins de la Gironde, n'a pas démenti le problème, mais tout en affirmant que « les choses étaient en train d'être réglées ». Il est aussi revenu sur la nécessité pour le Médoc de conserver ce service des urgences. Lequel représente pour la Presqu'île « un outil indispensable ». Pascale Got, députée du Médoc, confirme être intervenue pour tenter de dénouer cette situation.

Du côté de la direction

Jean-Marc Lismonde, qui cumule deux postes pour le compte du Pavillon de la mutualité, la direction de la polyclinique de Pessac et celle de Lesparre, rappelle que les médecins urgentistes ont des « obligations contractuelles et qu'ils doivent les respecter ». Selon lui, le cadre de ces obligations « n'a pas été dépassé ». « On a organisé les urgences pour qu'elles fonctionnent normalement, et avec un effectif suffisant. » Toutefois, le cadre reconnaît « qu'il y a une difficulté à fonctionner aujourd'hui ». Et de poursuivre : « Nous y travaillons ».

Quelques chiffres

Les urgences de la polyclinique de Lesparre, ce sont 15 000 passages par an. Et une période estivale qui demande une mobilisation importante des médecins. Une augmentation de la fréquentation du service de +20 % depuis trois ans a été relevée.

Les derniers chiffres du recensement indiquent que la population du Médoc a augmenté de + 10 % en dix ans. Une évolution qui devrait se poursuivre dans les années à venir.

Auteur : julien lestage
j.lestage@sudouest.com

Commenter cet article