La nouvelle carte de La Poste

Publié le par robert

Notre hebdo favori: Le Journal du Médoc, a fait une étude sur l'implantation de la poste en Médoc.

Rappelons qu'à Lacanau, nous avons un bureau de plein exercice à Lacanau-bourg, un bureau annexe à Lacanau-océan, une agence postale gérée par la mairie au Moutchic. L'été , une année, un magasin postal s'est tenu mais l'année suivante 2008, elle a été mis en rayon annexe au hall de la presse.

Plus de quatre ans après l’apparition des premiers Points Poste en Médoc, et les réactions peu enthousiastes qu’ils ont suscité, le JdM fait le point sur l’organisation territoriale du groupement postal du Médoc, avec son directeur Daniel Deffarges.



La nouvelle carte de La Poste
La réorganisation territoriale des « points de contact » de La Poste a pu être vécue localement, par les élus et leurs administrés, comme une injustice, voire le scandale d’un service public sacrifié sur l’autel du profit... « Pourtant, rien ne se fait sans concertation avec les élus », insiste Daniel Deffarges, nommé en mars 2008 à une fonction aussi longue à écrire que le territoire couvert est vaste : directeur des ventes et de groupement territorial de l’enseigne La Poste du Médoc, dont le siège est à Mérignac. « Il n’y a pas de politique Médoc, poursuit-il. Je m’inscris dans un schéma territorial qu’est la Gironde, en concertation avec un ensemble de sept groupements postaux de La Poste de Gironde dirigée par Anne-Marie Duffour. Le changement prochain de statut de l’entreprise ne guide pas mes actions. La réalité est que, partout, la fréquentation du public diminue. De plus en plus, les gens gèrent leurs comptes bancaires par Internet, écrivent de moins en moins… Et même dans les zones où il y a une augmentation de la démographie, il n’y a pas forcément de corrélation avec le nombre d’opérations dans le bureau de poste. A Castelnau-de-Médoc, par exemple, les clients ont tendance à faire leurs opérations sur leur lieu de travail [c’est-à-dire, pour les nouveaux Médocains, dans l’agglomération bordelaise, ndlr]. C’est pour cela que, lorsque nous rencontrons un élu, nous amenons un diagnostic économique de la commune et des habittudes de la fréquentation postale. »

> Retour en arrière dans la chronologie. Début mai 2004, dans des commerces multiservices ouvrent les premiers Points Poste du Médoc, à Jau-Dignac et Loirac et Talais. Quelques semaines auparavant, devant le conseil municipal de Jau, Marc Alleaume, alors directeur du groupement postal du Médoc (il dirige aujourd’hui celui de Bordeaux Centre), était venu expliquer la démarche du groupe La Poste, devenu entreprise de service public avec des impératifs de rentabilité : « L’évolution de La Poste résulte du comportement des Français. Nous ne pouvons plus maintenir un agent dans un bureau de poste dont l’activité est d’une demi-heure par jour… En 2003, à Jau-Dignac et Loirac, nous n’avons pas signé une seule ouverture de compte et 95 % des opérations réalisées sont des opérations postales ». Il avait alors défendu la solution des Points Poste, qui permettraient « d’élargir la plage horaire » d’ouverture, de « participer au développement économique du commerce local ». Pas de quoi convaincre les élus et les habitants de communes qui pétitionnent et craignent la disparition progressive d’un service public. L’émotion est forte d’apprendre les fermetures programmées des bureaux de poste de Saint-Yzans-de-Médoc, Saint-Seurin-de-Cadourne, Saint-Sauveur ou encore Vertheuil.

> Le 1er février 2005, le quatorzième Point Poste du groupement postal est inauguré au Pouyalet. A la même époque, les agences postales communales ne sont qu’au nombre de cinq, contre une vingtaine actuellement (voir carte). Changement de terminologie, les Points Poste deviennent Relais Poste. A Saint-Germain d’Esteuil, la municipalité, est contrainte d’opter pour cette solution en installant un commerçant (pizzeria) dans l’ancien bureau de poste du bourg ; actuellement, ce Relais ne fonctionne plus, seul subsiste celui d’Artiguillon.
Dans le même temps, alors qu’ici ou là les négociations sont parfois âpres entre élus locaux et représentants de La Poste, l’entreprise de service public poursuit son plan de rénovation de ses bureaux. Il s’agit de relooker, pour séduire non plus des usagers, mais des clients. On démonte les hygiaphones qui séparaient jusqu’alors les guichetiers des usagers. Dans le plan d’entreprise du groupe figure cette équation : performance = développement + rentabilité.
Pendant l’inauguration du bureau de Macau, Henri Burelier, directeur de La Poste Gironde, insiste sur l’enjeu : « Les guichets ne pourront rester ouverts que s’ils reçoivent du monde ». La Poste modernise ses locaux, et devient un « épicier » persiflent certaines voix critiques : le 1er juillet 2006 ouvre la « Boutique postale » de Lacanau-océan. On y trouve, outre les services classiques, produits de carterie et de papeterie, développement de photos numériques et bientôt peut-être, annonce-t-on alors, des produits du terroir, ainsi que… « Médoc Magazine », supplément annuel et estival concocté par l’équipe du « Journal du Médoc ».

> Et puis, le 1er janvier 2006, la Banque postale est officiellement opérationnelle. Là encore, le directeur du Groupement postal doit convaincre que La Poste ne déserte pas les campagnes. Comme à Vertheuil, ce jour de février 2007, où les objections faites par les habitants ne résistent pas aux vertus annoncées du Relais Poste. Quid des personnes âgées et/ou limitées dans leurs déplacements ? Elles peuvent utiliser Internet, se faire conduire à Saint-Estèphe, confier l’opération bancaire à une personne de confiance, ou encore envoyer un courrier au bureau de Pauillac. Les boîtes postales ? Personne n’en aurait à Vertheuil. La confidentialité ? Le devoir de réserve est prévu dans la convention passée avec le commerçant, implicite pour l’agent communal. Des zones rurales sinistrées ? Pas en Médoc, où il y aurait deux fois plus de points d’accès à La Poste qu’ailleurs en France. C’est sans doute pour cela que les changements d’habitudes sont d’autant plus difficiles à digérer. En juin 2008, le comité des usagers des services publics du Porge appelle à manifester contre de nouvelles réductions des horaires d’ouverture du bureau de poste, devenu une « annexe » du bureau principal de Lacanau après que son receveur n’a pas été remplacé en 2006. Au plan national, un Comité pour la défense et la reconquête des bureaux de poste de monopole public demande « l’abrogation des directives postales européennes n° 97/67 CE et 2002/39/CE, sources réelles de la remise en cause du service public ». Une délégation est reçue le 26 novembre à l’Assemblée nationale, mais sa proposition de loi est refusée, en dépit d’une pétition signée par plus de 4.500 élus français, parmi lesquels des Médocains, comme les maires de Pauillac, Ordonnac, Saint-Yzans.

> Dernièrement, une pétition a circulé à Carcans-Maubuisson pour protester contre la réduction des horaires du bureau de poste du bourg et la transformation du bureau de Maubuisson en agence postale communale. A Sainte-Hélène, le maire, Yves Lecaudey, a redit lors de la cérémonie des vœux à la population que le bureau de poste est également appelé à devenir agence postale communale, comme cela est déjà le cas à Saumos, Le Temple, Salaunes, etc.
Daniel Deffarges l’affirme : il n’a pas de lettre de mission pour fermer tant de points de contact, ou réduire les horaires d’ouverture de tel bureau de poste. Il évoque « une réflexion évolutive », chaque année, en fonction des performances des points de contact. Une réflexion qui, selon le contexte, ne conduit pas forcément à « ré-duire » ou « fermer ». Le patron du groupement postal du Médoc fait ainsi état des sept agences postales du sud Médoc transformées, depuis 2004, en bureaux de poste à part entière. Quant au nombre de points de contact en réduction (78 en décembre 2005 contre 68 en décembre 2008), il ne s’agirait que du « glissement » de certains d’entre eux dans le cadre d’une réorganisation géographique des groupements.
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